4
Avr

Captain America, le Soldat de l’Hiver

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

Cet os est le numéro 12 sur 22 du cadavre Par la lucarne

captain_america_2_1Même si on peut légitimement se demander ce que vient faire ce film dans la licence Avengers (au niveau de l’histoire globale), il a pour lui quelques qualités intrinsèques qui en font un divertissement plus qu’honorable. Et ce n’est que ça : un divertissement honorable. Mais étayons un peu.

A la base, je n’aime pas Captain America. Je ne parle pas spécialement du film, mais du personnage en tant que héros. Au départ, c’est surtout parce que c’est un « vieux » héros issu de la 2ième guerre mondiale, et que je n’aime pas particulièrement cette période de l’histoire. Mais aussi parce qu’il est l’image même du patriotisme américain limite gerbant qui justifie l’existence des frontières et le « bon » droit outre-atlantique sur le reste du monde.

captain_america_2_2

Un nouveau personnage : Faucon

Mais tout compte fait, ce qu’il y a de bien avec cette adaptation cinématographique du personnage et là je parle du premier film comme de celui-ci, c’est qu’il véhicule davantage de valeurs humaines que de valeurs américaines ce qui a tout pour me le rendre bien plus sympathique. On n’enlèvera pas au Captain l’affichage obséquieux des couleurs du drapeau aux 50 étoiles, mais c’est ancré dans la culture locale, c’est ainsi et ce n’est pas motif à reproche.

Captain America, le Soldat de l’Hiver nous réinvite dans le monde moderne et nous propose une réflexion tout à fait à propos sur la structure de notre société et la notion de liberté. Bon, il faut éviter de croire que les grandes idées politico-sociales qui servent de toile de fond à cet opus sont d’une grande profondeur. Le traitement de ce sujet est finalement très manichéen et donc très « comics ». D’un côté, il y a les méchants qui veulent asservir le monde, et de l’autre les gentils, en sous-nombre, un peu naïfs, pleins de bonne volonté, courageux et héroïques à souhait. Quant au Soldat de l’Hiver, c’est le titre du film, mais pas vraiment son sujet. Le Soldat de l’Hiver est un personnage de l’acabit de Captain, un opposant sérieux, mais un acteur mineur de l’intrigue.

captain_america_2_3

Quoi de mieux qu’un vieux de la vieille pour rehausser le niveau du casting

Au-delà de la situation qu’elle pose et qui nourrit à bien des égards la théorie du complot, cette suite de Captain America et plus particulièrement de The Avengers est un bon divertissement d’action. Les scènes sont plutôt bien réalisées, pas toujours crédibles, mais bon, il y a ce petit côté TGCM propre à l’univers des comics Marvel qui nous demande de nous préoccuper de nos oignons plutôt que de se demander pourquoi le point névralgique d’un bâtiment de guerre est ouvert aux quatre vents sous une jolie verrière hémisphérique, ou pourquoi l’effondrement d’une salle enterrée sous un blockhaus à des dizaines de mètres sous terre est ensuite ouverte sur l’extérieur quand la poussière retombe. En dehors de ça, les personnages sont bien mis en scène et leurs compétences sont d’un niveau cohérent les unes par rapport aux autres. Et surtout, il y a quelques bonnes occasions de se faire littéralement dépouiller par deux ou trois traits d’humour bien sentis glissés par-ci par-là dans la narration.

captain_america_2_4

Homme en moto contre avion… Inégal ? Vous croyez ?

Comme de bien entendu à la fin de chaque Marvel de la saga The Avengers, on nous assène une scène post-générique pour nous laisser entrevoir la suite. Alors, c’est vrai que c’est un peu gros comme des piliers de béton, ces ficelles scénaristiques usantes qui nous disent, en quelques minutes, que tout ce qui a été fait dans le film n’a servi à rien, parce que « ah ah ah, je suis le vrai méchant et vous n’avez éliminé que quelques sous-fifres sans importances ! ». Mais bon, c’est là le propre des séries, en somme. En revanche, ils nous ressortent des cartons des personnages qui appartiennent à un autre registre selon les comics Marvel, à savoir les mutants, ce qui est plutôt l’apanage de la licence X-Men. Mais de toute façon ce qui se passe dans le film d’un seul héros ne concerne apparemment jamais les autres, alors pour le coup, il pouvait bien arriver des crasses à Washington DC, c’était à Cap de les régler parce que c’était son film. A ce stade du développement de la licence Avengers, c’est une excuse qui commence à être totalement débile. J’avais déjà fait une remarque similaire sur Iron-Man 3 d’ailleurs. Ne manquez pas de voir le générique de fin jusqu’au bout, puisqu’il y a une seconde scène post-générique, la première étant plutôt au milieu.

Et enfin parlons de la 3D… Voilà.

En conclusion je dirai que Captain America, le Soldat de l’Hiver est un bon film d’action, pas trop con du point de vue de son récit, bien fait du point de vue des scènes d’action, et inutile du point de vue de la progression narrative de la licence The Avengers. C’est néanmoins divertissant et efficace, ce que peu d’œuvres du genre peuvent se vanter ces derniers temps.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

Les os du même cadavre<< La légende d’HerculeNoé >>

Tags: , , , ,

Cet article a été publié le vendredi 4 avril 2014 à 18:00 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

2 commentaires pour le moment

 1 

Toujours une joie de lire vos articles

27 juin 2014 à 17:23
christ
 2 

J’ai bien aimé, un bon bol d’air après une daube comme IronMan3.
Je n’étais pas un fan de Captain dans le comic, mais il faut avouer que pour le moment les 2 films sont parmi les meilleurs de ses congénères (Hulk, Iron man, Thor 2).
J’ai bien aimé la réflexion sur le monde dans lequel nous vivons qui n’est peut etre pas si éloigné du système de contrôle et de surveillance développée sous l’allemagne nazie.

Pour la seconde scène de fin, je ne l’avais pas vu et finalement je n’ai rien perdu ! Aucun intérêt.
Dans les Gardiens, il y en a une également à la toute fin du générique à propos du Collectionneur. Elle est également totalement inutile mais elle a au moins le mérite de faire sourire

29 novembre 2014 à 20:49

Laisser une réponse

Nom (*)
Courriel (ne sera pas publié) (*)
Site
Commentaire

Slider by webdesign