15
Août

Wolverine, le combat de l’immortel

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

Même s’il n’est pas aussi bon que je l’espérais, ce Wolverine-là sort les griffes comme personne. Ne serait-ce que pour la scène finale aussi inattendue (quoique, les lumières ne s’étant pas rallumées… ce qui n’a pas empêché la moitié de la salle de partir à la lumière des smartphones… je ne comprendrais jamais ces gens-là qui ne regardent pas la séance jusqu’au bout comme s’ils avaient vraiment autre chose à faire dès le premier mot écrit du générique de fin) que présageant un avenir radieux à la licence (non pas spécialement Wolverine, mais X-Men). Car s’il y a une chose que je reprochais à X-Men origins – Wolverine, c’est d’être en presque complet décalage avec la série X-Men, ce qui n’est pas du tout le cas du Combat de l’immortel. Attention, je spoile !

Je ne ferai pas spécialement l’impasse sur les rouages grossiers et les imperfections monstrueuses du scénario qui a le mérite de faire d’un film d’action fantastique blockbusterisé une oeuvre regardable et intéressante. Mais c’est pour dire que c’est encore loin d’être parfait. En effet, l’histoire se passe d’expliquer certains « pourquoi » et autres « comment » nous les assénant comme des évidences. S’il s’agit de ressorts classiques du cinéma, ce n’est pas une raison pour systématiquement prendre le spectateur pour un con. D’ailleurs, ces ressorts sont tellement classiques et grossiers que démasquer le méchant avant le moment où il enlève réellement son masque est extrêmement simple (ça se devine dans les 20 premières minutes du début)

Lors d’un enterrement mortel Serval sort les griffes. A noter qu’à ce stade, il ne se régénère plus et s’est pris des balles dans le buffet… Solide l’animal hein ?

Ma compagne trouvait l’histoire longue à démarrer. Je le concède. Mais curieusement, je trouve que c’est nécessaire. Le rythme du film est lui aussi un grand classique, mise en place lente, intercalant l’action à petite dose pour finir sur un rythme rapide axé sur l’action. Ce schéma est conventionné et acceptable en tant que tel. Par ailleurs, cette lenteur est mise à profit pour poser les personnages de telle sorte à ce qu’un spectateur n’ayant jamais vu X-Men (et particulièrement le 3ième volet) et Wolverine puisse comprendre à qui il a affaire. Après quoi, cette tentative de développement de la psychologie du personnage se heurte à un obstacle. Car à la fin du film on sent bien que l’oeuvre essaye de nous expliquer pourquoi Wolverine arrive à changer son état d’esprit. Mais désolé les scénaristes… j’ai pas compris ! Ou alors faut que j’interprète moi-même et c’est pas simple avec le peu d’indices donnés.

Enfin, la tentative est méritoire. Ça donne un bon fond à ce film et ça permet de rentrer plus doucement dans sa logique. Ça reste quand même assez superficiel. Le contexte du film se situant au Japon au sein d’une famille bercée par le traditionalisme, je trouve que ça n’est pas assez mis en valeur. Les problématiques d’honneur, de respect et de filiation posées ne constituent pas une toile de fond assez solide pour être crédible. Tel un ours qui met les deux pieds dans le plat, Wolverine aurait assurément dû faire tâche dans le décors, et je trouve qu’il s’y insère trop bien alors qu’il ne parle même pas la langue (ce qui n’est pas le cas dans le comics du reste). Bref, c’est pas encore du grand art.

Yukio, une alliée de Logan. Elle est douée pour se battre… mais il manque quelque chose pour quelqu’un qui connait le personnage du comics.

Le propos du film, qui est une sorte de recherche identitaire pour Wolverine, est traité. Là est l’essentiel. L’action est plutôt bien restituée dans l’ensemble. Donc à part les plaies béantes du scénario sans doute laissée par un test de griffes d’adamantium sur le manuscrit du script, l’ensemble se tient et réhabilite l’un des personnages le plus emblématique de la série X-Men, celui dont on ne peut se passer car il apparaît obligatoirement (même moins d’une minutes dans X-Men le commencement), dans chacun des opus de la licence quand il n’en est pas le sujet principal. Il faut reconnaître que c’est un personnage très atypique et plutôt réussi dans son adaptation au cinéma, raison pour laquelle il est si marquant. A ce titre, je me permets de citer la wolverinette du film ou l’associée de Logan regarde épatée par le balcon du 15ième étage d’un building par-dessus lequel Wolverine a balancé un ministre japonais et s’exclame : « whaouuu, je ne savais pas qu’il y avait une piscine » alors qu’elle voit le defenestré patauger encore vivant dans ladite piscine. Et Logan de répondre laconiquement : « moi non plus ».

A gauche, la Vipère, une méchante, assez superficielle et caricaturale. A droite, Mariko Yashida, la copine de Wolverine…

Si je ne regrette pas d’avoir vu Wolverine, le combat de l’immortel au cinéma (en 2D, mais il paraît que la 3D n’a, comme d’habitude, pas le moindre intérêt) pour le côté spectaculaire de certaines scènes d’action, je ne peux m’empêcher de regarder avec dédain la plus crétines des erreurs commises dans le script. Puisque Wolverine est privé de son pouvoir de régénération durant une bonne partie du film, partie durant laquelle il joue des griffes exactement de la même façon qu’avant, le fait que les plaies qu’il s’ouvre dans les mains pour les sortir ne posent pas le moindre problème est une monumentale connerie. S’il y avait bien une chose à ne pas ignorer, c’est cet aspect particulier du bonhomme qui en fait toute la saveur et qui est soigneusement esquivée par le film. Un vrai pied de nez à la plus élémentaire des logiques.

En dehors de cette question et de quelques autres TGCM classiques (Ta Gueule C’est Magique) qui sont à la base des écueils du scénario (comment Logan se fait-il insérer l’implant qui neutralise ses pouvoirs ? Comment le méchant arrive-t-il à lui voler son pouvoir ? Pourquoi l’effet n’est-il pas permanent ? etc.), je reste sur une note positive en ce qui concerne ce film. Mais pour le coup je suis aisément corruptible et bon public, car j’adore le personnage de Wolverine, et les X-Men en général.

Et vous, c’est quoi votre avis ?

PS : C’est bien la première fois que je fais une édition d’un article pour ajouter du contenu. Mais il me paraissait naturel de remercier Funidelia pour le lien qu’ils ont fait sur cet article. Je ne me serai pas forcément attendu à ce qu’il existât un costume de Wolverine inspiré par la vision cinématographique du personnage, ni à ce que ce site commercial s’intéressât à mes critiques du 7ième art. Ainsi justice est faite. Si Wolverine ne passe plus en salle, il peut encore passer dans la rue sous d’autres traits que Hugh Jackman 🙂

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Cet article a été publié le jeudi 15 août 2013 à 18:00 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

Un commentaire

christ
 1 

pas génial, tout comme les autres Wolverines.

29 novembre 2014 à 20:26

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