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Thor, le Monde des Ténèbres

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

Cet os est le numéro 6 sur 22 du cadavre Par la lucarne

Thor_2_1Avant de m’enquiller Hunger Games l’Embrasement et Le Hobbit : La Désolation de Smaug, j’ai encore des sujets cinéma à sortir. Commençons par Thor : le Monde des Ténèbres. Deuxième opus de la série Thor, se situant chronologiquement après The Avengers sorti l’an dernier, Thor 2 aurait pu être cet ultime second opus qui cristallise dans l’histoire la mauvaise réputation d’une saga. Seulement voilà, je n’ai pas fait dans ces pages la critiques de Thor (le premier donc), car mon blog a été ouvert bien après et il faut admettre que ce second volet partait avec un avantage indéniable, celui de pouvoir succéder à une œuvre plus que moyenne, pour ne pas dire, vraiment mauvaise.

Alors je vais m’offrir une petite séance de rattrapage. Thor, premier de la série, s’insère dans les saga Marvel entre Iron Man 2 et The Avengers. La dernière image de Iron Man 2 est d’ailleurs annonciatrice des évènements survenant dans le premier film de la série Thor. Lequel met en scène des personnages qui seront moteurs de The Avengers, notamment avec Loki qui en est le principal méchant. Mais ne digressons pas et plantons le décors :

Thor est un Asgardien, fils d’Odin et de Frigga, frère de Loki, ennemi des Jotuns, des Dökkalfars (les Elfes Sombres), et j’en passe, et issu d’une civilisation très ancienne dont les membres vivent des millénaires. Et si ces noms évoquent quelques choses aux érudits férus de mythologie nordique, c’est tout simplement parce que Marvel s’en est inspiré pour donner une réalité plausible au mythe dans le contexte de ses comics. Si les Asgardiens marveliens d’origines sont un poil plus rustiques et mystiques que ceux des films, la tentative d’adaptation s’inscrit dans le registre relativement cohérent de l’univers Marvel transposé au cinéma depuis ces dernières années.

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Asgard en version cinéma… C’est classieux et un poil trop moderne. Mais l’adaptation demeure intéressante

Voici donc les Asgardiens transposés en société millénaire, maniant aussi bien la science que la magie, dépositaire d’un savoir et d’une histoire qui embrasse un univers connu sous le nom des 9 royaumes reliés entre eux par un arbre mystique appelé Yggdrasil et qu’on pont magique appelé Bifrost (pont arc-en-ciel dans la mythologie) permet d’atteindre. Bien qu’une explication pseudo-scientifique tente de satisfaire à cette interprétation très mythique et très réductrice des choses, il faut quand même reconnaître que l’idée est un peu bancale. Dans le comics, les 9 royaumes étaient des terres mythiques, certes mais rattachées les unes autres autres avec les racines d’Yggdrasil courant à travers eux. Dans la mythologie nordique, Midgard, la Terre ou le royaume des hommes est rattaché à Yggdrasil et fait partie des 9 royaumes. Mais dans le film, on se perd un peu entre les notions de dimension, de systèmes planétaires habitables ou même d’espace intersidéral si bien qu’il est difficile de comprendre à quoi on a affaire. A ce titre, la représentation d’Asgard est assez amusante et fait penser à ce que les hommes pensaient de notre propre planète à une époque reculée, comme quoi la Terre était plate et qu’arrivé au bord, on tombait.

Le premier opus de Thor qui prend place principalement sur Terre, mais avec une bonne vision de ce que peut être Asgard, met en opposition le Roi d’Asgard avec l’impétueux Thor qui, banni par son père parce qu’il est un gros bourrin qui ne pense qu’avec son marteau enchanté Mjollnir (prononcez Miolnir) que lui seul, et sans doute Odin, peuvent porter, va se rendre compte qu’il a été piégé par son frangin, Loki, un sale petit menteur doublé d’un illusionniste de talent qui lui, découvre qu’il n’est pas frère de sang de Thor mais un Jotun (géant du froid) rescapé d’une campagne militaire menée par Odin contre sa race, et que le vieux n’a pas pu se résoudre à tuer parce que c’était un gentil bébé tout bleu à l’époque (oui, je sais, cette satané phrase est longue ! ). Donc, après avoir fait virer le blondinet, Loki favorise la venue des Jotuns à Asgard pour récupérer une arme qui leur a été volée lors de la dite campagne, intervention durant laquelle Odin tombe dans le coma, laissait son seul fils « légitime » encore présent à Asgard (oui, vous avez déviné, c’est Loki) occuper le trône en régence (est-il besoin de préciser que la société asgardienne est patriarcale ?)

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Christopher Eccleston en Malekith. Mais si, vous savez, la 9ième incarnation du Docteur dans la première saison reboot moderne 🙂

Cela est sans compter sur la méfiance naturelle des amis de Thor (un peu plus malins que le bourrin sus-nommé) qui décident de se rendre sur Terre ou Thor a été banni pour lui expliquer que rien ne va plus et qu’il faudrait qu’il arrête de faire mumuse avec les mortels et qu’il revienne. Bien entendu, Loki se dit que la régence, ça va pas le faire si le bourrin revient, donc tente de le faire tuer par le « destructeur », une sorte de robot magique à la puissance de destruction phénoménale (d’où son nom), tandis qu’il fait venir les Jotuns à Asgard pour finir le travail concernant Odin. Mais bon, comme tout ça doit finir bien, Loki est pris de remord et élimine les Jotuns, Thor revient et veut lui casser la figure, et pendant leur bagarre, le Bifrost est détruit. Sur le bord du monde, Thor veut sauver Loki sur le point de tomber, mais celui-ci préfère se sacrifier. Papa sauve Thor sur le point de tomber aussi. Le problème dans l’histoire, c’est que Thor est tombé (nan pas dans le vide ! ) amoureux d’une terrienne et qu’il ne peut plus retourner lui faire des bisous.

Si l’histoire s’agrémente d’effets spéciaux potables, d’une conception correcte et d’une mise en scène acceptable, d’acteurs pas trop potiches, la narration est, quant à elle, extrêmement pauvre. En sous-main on ressent la volonté de bien faire et d’en mettre plein la vue, mais l’ensemble a quelque chose d’artificiel. En fait, on sent que le projet Avengers est là, derrière et qu’il faut absolument justifier que l’on connaisse le personnage, lui donner des raisons de venir sur Terre, et on met tout en œuvre, parfois en dépit du bon sens, pour poser les éléments dont on aura besoin plus tard. Personnellement découvrir cette version de Thor ne m’avait pas spécialement déçu. Il y avait un véritable travail créatif dans cette adaptation largement décriée par la critique comme quelque chose de parfaitement étrange par rapport à la version comics. Mais il reste que ce film existe non pas par lui-même mais parce qu’il se devait d’exister pour poser les jalons d’une saga, ce qui fait de lui une œuvre en trop ou une œuvre « pas assez ».

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Les assistants du héros… En culotte courte oui.

A contrario, et même si Avengers 2 pointe également son nez, Thor, le Monde des Ténèbres est nettement plus aventureux dans son genre. Il souffre des limites de sa propre ambition puisque la menace qui se profile dans cet épisode de la saga des Asgardiens a un je ne sais quoi de « cheap ». C’est à dire que l’on a du mal à ressentir la tangibilité de la menace qui pèse sur les 9 royaumes (donc Asgard et la Terre incluses, mais les Asgardiens parlent volontiers d’une menace universelle et ça fait carrément tousser) mais qui n’a que la dimension d’un centre ville urbain… Entre Asgard et Londres, principale cibles des actions de Malekith (joué par Doctor n°9, Christopher Eccleston), le côté « universel » de la menace, on ne le capte pas vraiment. A part ce prétexte un peu loupé, l’action est au rendez-vous et comporte des ressorts narratifs bien plus percutants que dans son prédécesseur (même si parfaitement éculé et prévisibles). Cela étant, faire mieux que pas terrible, c’était facile. On obtient alors un film bien fait rehaussé d’une touche d’humour pince-sans-rire. On va même jusqu’à faire du Benny Hill, ce qui, dans le contexte londonien de l’histoire, est tout à fait à propos. D’ailleurs, côté humour, on touche parfois au « too much », mais c’est un sentiment personnel.

Le scénario reste toutefois bateau, mais la réalisation est, quant à elle, un poil plus spectaculaire que dans le premier opus. Ensuite Thor prépare clairement la suite, notamment sa séquence finale intra-générique (oui parce qu’il y a aussi une séquence finale post-générique, le piège si on croyait avoir tout vu ! Quand je vous dit qu’il faut rester jusqu’à la toute fin du générique) qui nous montre le devenir de ce pouvoir dont Malekith voulait se servir pour plonger l’univers dans les ténèbres (là je suis en train de dire que le méchant perd, ce qui n’est pas une surprise en soi), que les Asgardiens confient naïvement à un nouveau protagoniste joué par Benicio Del Toro et dont le nom de Collectionneur parle forcément aux connaisseurs du Multivers Marvel. Mais je n’en dis pas plus, sauf qu’il l’ont sûrement pas donné à la bonne personne (pour ceux qui ont identifié le méchant-méchant à la fin d’Avengers et qui ont entendu parler des Joyaux de l’Infini, les choses seront relativement claires :), il paraît même qu’un certain « gant » est visible dans la salle aux trésors des Asgardiens dans le premier épisode de Thor, c’est dire s’ils avaient de la suite dans les idées). A toute fin utile, il faudra se référer au film qui sortira l’an prochain, Les Gardiens de la Galaxie.

Pièce d’un puzzle qui s’assemble lentement à coup de blockbusters coûteux, Thor, le Monde des Ténèbres, peut être vu comme une œuvre distrayante et bien fichue. N’en demandons pas plus, car de toute évidence, l’ensemble de la production Marvel au cinéma étant assez inégale, nous n’aurons pas forcément mieux. Par contre, la vue d’ensemble, pour l’aficionado marvelien que je suis, prends une forme très intéressante.

Et vous, que pensez-vous de cet opus en particulier, et de la construction cinématographique de l’univers Marvel en général ?

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Cet article a été publié le lundi 9 décembre 2013 à 18:00 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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