12
Août

Pacific Rim

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

pacific_rim_1Voilà, enfin. Je vais pouvoir classer quelque chose dans la catégorie des « films-qui-valent-le-détour ». C’est assez rare pour le souligner. Car Pacific Rim au-delà de ce que la critique en dit et de ce que moi j’en pense, est bien l’une de ces œuvres originales uniques dont le cinéma devrait être fait en permanence, et ce dont il ne se pare que tous les 36 du mois. Chef-d’oeuvre ? Non, faut pas exagérer. Mais disons qu’à force de passer mon temps à visionner des merdes qui me pètent au visage dès les premières secondes, j’ai analysé attentivement Pacific Rim pour n’y déceler que des défauts plutôt minimes, ce qui me réconcilie avec l’idée qu’on peut encore faire du bon cinéma… d’action. Oui car bon, c’est quand même un blockbuster, donc pour les émotions couinantes et humides, ce n’est pas le bon sujet et pour le scénario plein de bon sens, on repassera aussi.

Déjà, autant le dire, pas de 3D. Enfin, précisons que j’ai vu le film en 2D, je ne suis pas en train de dire que la 3D est nulle. Mais les différents avis que j’ai pu voir ici où là m’indiquent qu’elle n’apporte pas grand chose. Je suis un sempiternel déçu de la 3D qui cherche « the film » qui saura bien l’employer et depuis Avatar qui a relancé le genre, les plus beaux effets que j’ai pu voir sont dans une bande-annonce d’un film d’animation pour gamin que je n’ai jamais vu. C’est triste… Passons.

Pourquoi Pacific Rim se démarque tant à mes yeux de la lie blockbusteresque hollywoodienne de ces dernières années ? Pour plusieurs raisons que je m’en vais énumérer :

J’adore Ron Perlman. Ce type a une bouille si caractéristique et brut de fonderie que certains rôles lui colle un peu trop à la peau, mais ça lui va si bien !

La première chose, est qu’il s’agit d’une création originale. Inspirée, il va sans dire, le concept de robots géants se battant contre des monstres colossaux foisonne dans l’imaginaire de nombreuses créations littéraires, et cinématographiques et majoritairement dans l’art japonais de l’animation et du manga. Toutefois, Pacific Rim n’est l’adaptation d’aucun d’entre eux. Et c’est bien bon de voir enfin un peu d’originalité dans le 7ième art.

La seconde chose est que son propos est simple. Pas simpliste, mais surtout, pas trop alambiqué. Le scénariste, et après lui, le fameux réalisateur Guillermo Del Toro (qui a aussi participé au scénario), nous offrent là une histoire qui raconte exactement ce qu’elle doit raconter et qui en fait assez sans sombrer dans la surenchère. Il n’y a rien d’inutile dans le film. Bon, cet argument est quand même largement fragilisé par deux défaut majeur de l’histoire qui les font ressembler à d’honteux raccourcis, toutefois je n’ai pas jugés ces éléments trop critiques. Mais j’y reviendrai.

La troisième, c’est bien réalisé. Tout l’intérêt du film était de rendre compte du gigantisme de l’affrontement, et je trouve que ça tient la route. C’est pas crédible à 100%, mais on peut arguer un effet « science-fiction » assez prononcé pour admettre que certaines découvertes scientifiques à venir ont pu combler les lacunes physiques auxquelles s’exposent des créatures et des robots grands comme des grattes-ciel. Dans l’ensemble, il y a une sorte de côté fun au film qui permet de délaisser les aspects purement technologiques.

Le Kaiju n’existe pas… Enfin souvenez vous de la cuillère dans Matrix quoi…

La quatrième : on s’appuie sur une distribution remplie d’inconnus et bien que les personnages soient assez sommaires, leur interprétation est plutôt bonne. Là où la plupart des stars se serait probablement contentée de jouer le personnage sans fioriture, on sent que les acteurs ont ici envie d’y croire. On les sent plus impliqué et plus volontaire, ce qui leur donne un peu plus de profondeur. A cela on rajoute quand même deux pointures, un Idris Elba plutôt habitué des rôles secondaires et qui occupe ici un simili-rôle principal avec les pilotes du Jaeger héros (Jaeger, c’est le nom donné aux robots géants), et un Ron Perlman magistral dans son rôle de traffiquant de chair Kaiju (Kaiju, c’est le nom des monstres). A noter la présence de Burn Gorman, cet acteur britannique d’origine américaine qui a fait ses premiers pas dans la série Torchwood et au cinéma dans un rôle secondaire de Dark Knight Rises (il paraît qu’il joue aussi dans la série Le Trône de Fer saison 3, mais je n’ai pas encore vu).

Il y a sûrement d’autres points positifs construisant la solidité de cette oeuvre, mais ceux que j’ai cité me sont apparu comme les plus importants. Bien qu’il n’y ait à mes yeux aucun rapport de cause à effet entre une distribution d’inconnus et la réussite d’un film, force est de constater que les superstar attirent plus facilement les gens au cinéma pour les décevoir. Alors, peut-être parce qu’on ne connait pas les acteurs, on ne peut pas leur en vouloir d’être mauvais, mais quand ils sont un minimum crédible, y’a rien à dire.

Abordons le négatif. Oui, car même si l’ensemble tient la route, c’est quand même rempli d’imperfections. D’un point de vue scénaristique, il y a deux énormes trous (en plus de la Brèche 😉 ) et plein de petits que je n’aborderai pas. Le premier c’est la stratégie des aliens qui n’a strictement aucun sens. Envoyer des monstres à intervalle régulier et attaquer les côtes les mieux défendues est de l’ordre du débile. Mais soite. La morphologie et l’intelligence de ces créatures nous est totalement étrangère, donc ils ont le droit d’être des crétins. La seconde, c’est l’inexplicable capacités des deux pilotes du Jaeger principal, qui doivent faire une sorte de fusion mentale pour piloter le bousin sans quoi un pilote seul ne survivrait pas aux chocs en retour des connexions neurologiques qu’il doit faire avec la machine, et qui échouent lamentablement la première fois, à réussir parfaitement la seconde. Ceci outre le fait que cette notion de connexion avec la machine et de fusion mentale est particulièrement mal expliquée. C’est dommage dans le sens où ce sont les deux principaux ressort du film et que le scénario les ignore complètement.

Un autre des défauts mais plus mineur cette fois, c’est le déséquilibre de traitement dans les personnages. Le ton sérieux et tragique de l’ensemble de l’oeuvre est contrebalancé par les facéties clownesques de deux scientifiques dont l’apport à l’histoire est aussi utile que leur jeu est grossier et maladroit. Ce n’est pourtant pas une comédie, mais ces deux scientifiques sont joués comme dans une comédie (un peu comme si vous tourniez un Freddy avec les SOS-Fantôme). Ca ne cadre pas tellement avec le reste. A ce titre, je préfère la position intermédiaire du personnage campé par Ron Perlman qui est conforme au ton avec un décalage tout à fait logique et construit, et source de beaucoup d’amusement. Non, les deux autres zouaves, j’adhère pas. Dommage car parmi eux se trouve Burn Gorman que j’apprécie beaucoup. On lui a juste donné un rôle impossible. Un bémol aussi sur le personnage principal campé par un illustre inconnu, Charlie Hunnam, un acteur de la série Sons of Anarchy (que je ne connais pas) et qui, je trouve, a le charisme d’une huître dans ce film.

Sélection du coéquipier-pilote de Jaeger. Vous avez le choix entre Jean-Jacques, Jean-Pierre, Jean-Michel et la belle nippone, vous choisissez quoi ?

Je reste globalement convaincu par la démarche créative qui accompagne Pacific Rim. Il pourrait être mieux, mais il est rare de voir un film aussi efficace sur un public ciblé et son pouvoir de divertissement est bien présent. A ce titre, je le voyais un peu comme Battleship mais il est à la fois plus délirant dans son traitement et plus réaliste dans son combat (oui parce que l’idée de Battleship de faire s’affronter des bâtiments de guerre et des vaisseaux spatiaux, j’ai quand même trouvé ça trop hard). Ici, c’est du 50/50 tant en taille qu’en puissance, ça fait moins David contre Goliath sauf sur la fin mais c’est parfaitement justifié par le scénario (malgré ses défauts). Donc voilà qui me conforte dans l’idée que le cinéma hollywoodien est encore capable du meilleur (Pacific Rim n’étant pas le meilleur mais dans la tranche haute 😉 ) alors qu’il dérive le plus souvent dans le pire.

J’ai vu argué ici et là que le scénario, au-delà des défauts mentionnés, était juste débile, car son fondement improbable. Il est vrai que trouver comme seule parade plausible des robots géants face à des monstres gigantesques alors que le premier d’entre eux a été vaincu par une force armée aérienne et que les monstres en question ne savent pas voler (du moins au début) est un postulat de départ impossible. Ou alors les forces armées du monde entier sont devenues débiles. Au-delà de ça et dans une moindre mesure, faire se battre ces robots au pugilat avant même de penser à utiliser l’armement à distance ou l’épée qui tue les monstres en un coup est tout aussi crétin. Mais en fait, le film va au bout de son idée sans en tenir compte et n’essaye pas de l’expliquer. Le propos c’est de faire s’affronter des Jaeger et des Kaiju de façon fun et chercher toutes les raisons possibles pour lesquelles cet affrontement est débile dans le contexte c’est nier l’idée qui vous à fait venir devant l’écran. Je reconnais au contraire que c’est plutôt osé d’aller jusqu’au bout de ça sans s’occuper de savoir si ça a ou non du sens. Maintenant, c’est surtout pour ça que c’est loin d’être un chef d’oeuvre. Si en plus de son sujet, le film nous proposait une explication valable à toutes ces stupidités, il aurait une autre dimension. Mais pour ma part, je n’étais pas venu voir autre chose. Pour une fois que je vois à peu près ce que je t’attendais, je ne vais pas m’en plaindre.

Et vous, qu’en avez-vous pensé ?

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Cet article a été publié le lundi 12 août 2013 à 18:00 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

2 commentaires pour le moment

Vincent
 1 

Il faut que tu regarde Sons of Anarchy, il y a Charlie Hunnam et Ron Perlman en acteurs principaux 🙂

13 août 2013 à 09:20
 2 

Justement, j’ai eu l’occasion de voir un épisode y’a pas longtemps et j’ai pas du tout accroché. Comme quoi, c’est pas l’acteur qui fait l’intérêt d’une histoire.

13 août 2013 à 09:29

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