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Avr

Le gag du 2 avril

   Ecrit par : Wiz   in Divers, L'Ours

poisson_d_avrilComme de coutume, je m’évertue ci-dessous à briser les habitudes. Donc, d’une certaine manière, j’instaure à ma façon une habitude, une sorte de tradition, que je conchie puisque mon but est précisément de les décrier. Ainsi fais-je, avec la conviction qu’il faut se débarrasser de tout ce qui, dans notre monde, est de nature à le faire mal tourner : c’est à dire à peu près tout.

Je m’adresse plus particulièrement aux blagueurs de tout poil qui s’amusent, chaque premier avril de chaque année, à imaginer mille et une manières de tromper son prochain pour s’en moquer. D’aucuns diront qu’on peut rire de tout, et qu’une farce faite le premier avril est, par convention, aussi innocente que drôle. Le problème n’est pas tellement d’admettre et de faire admettre qu’on peut sortir des énormités le premier avril et être cru au nom de l’humour, mais de se rendre compte que des énormités sont dites tout au long de l’année et qu’il n’y a pas de raison pour que celles du premier avril soient moins vraies que les autres.

Le seul aspect non préjudiciable de cette coutume débile est qu’a priori, elle ne coûte rien. Encore que, je suis sûr qu’en cherchant bien, il doit être possible de trouver des services et des produits estampillés « premier avril », mais c’est quand même globalement moins envahissant que les coeurs roses sirupeux du 14 février. Non, le seul reproche que je fais à cette crétinerie, c’est que toute chose probable ne relevant pas de l’impossible selon les critères du commun des mortels, est, par essence, crédible et que les fausses informations qui circulent le premier avril, aussi improbables soient-elles, sont parfois acceptées comme vraies. On passe déjà tellement de notre temps à lutter chaque jour de l’année contre les « hoax » de toute nature, qu’on a accepté de préserver un jour dans l’année où nous sommes délibérément encouragés à en produire nous-même. Quelles misère…

Alors pour changer, voici un scoop : cette année, le premier avril, c’était le lundi de Pâques. Vous savez, cette autre fête issue de la religion catholique transformée en dérive commerciale pour enrichir les chocolatiers qu’ils soient artisanaux ou industriels ? Bon, hé bien, vous me croirez si vous voulez (et si vous ne voulez pas, vous avez le droit de savoir que je m’en contrefiche), mais ce pretexte plus que douteux qui nous engage à faire miroiter à nos chères têtes blondes je ne sais quelle absurdité sur les cloches (je parle de vraies cloches, pas de vous) et à leur faire bouffer du chocolat bon marché en grande quantité (parce que du pas bon marché, ça ferait tout de suite plus mesquin d’un point de vue quantitatif pour le même budget), est le théâtre d’une honteuse manipulation qui vous aveugle (je dis « vous » parce que moi j’ai arrêté).

Oui, car, non content de nous infliger des rayons saisonniers remplies de gâteries auxquelles nos enfants ne peuvent assurément pas résister aussi bien que nous (et encore, l’obésité reste un problème de nos jours), les supermarchés tentent manifestement de nous entuber. Ah mais oui, vous avez raison, en fait ce n’est pas un scoop. Mais disons que c’est plus flagrant ainsi. Car pas plus tard que vendredi soir dernier, je me rendais dans une grande enseigne de la grande surface, que je ne citerai pas, mais dont le nom évoque un croisement de routes, où je découvrais avec une lueur de joie innocente dans les yeux, ce fameux rayon saisonnier de la Pâque chocolatière (oui chocolatière, parce que la Pâque catholique, je m’en fiche royalement). J’y cherchai un produit bien spécifique (parce que je suis un ours très con qui prévoit ses achats au lieu de se laisser tenter par le marketing outrancier qui habille ces palettes de bectance de luxe ouvrière) et le trouvai.

Il s’agissait d’une boîte de 30 chocolats fourrés d’un type que je ne citerai pas mais dont le nom évoque le sobriquet qu’une femme aimante donne à son époux pour l’interpeller  boîte vendue 6.90€ pièce. Je m’emparai de ce produit en me disant que j’étais peut-être bien en train de me faire enfler. Comme le rayon fourmillait littéralement de retardataires, venus en urgence collecter quelques oeuvres d’art chocolatières moulées à la chaîne, avant de partir en famille pour le week-end, et que je déteste les gens (ours style), je m’en allai très vite. Je me rendis à l’autre bout du magasin, dans un rayon moins fréquenté garnis de chocolats toute saison (de ceux qui ne poussent pas qu’un jour par an) et y cherchai le même produit. Le packaging en était différent puisque, cette fois, ils étaient vendus par 16 mais pour un prix de 2.05€ la boîte… Est-il nécessaire de faire une démonstration mathématique de « l’enflage » ? Je pars du principe que non. Il n’y a que des gens intelligents qui me lisent, hein ?

Voilà, c’était mon gag du 2 avril.

Amusant non ?

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Cet article a été publié le mardi 2 avril 2013 à 18:12 et est classé dans Divers, L'Ours. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

Un commentaire

 1 

[…] tiens, ça faisait depuis Pâques que je ne l’avais pas ramené sur les jours « à la con » qui hantent […]

2 mai 2013 à 19:11

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