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Mai

Faîtes du travail… ou pas

   Ecrit par : Wiz   in Divers, L'Ours

Faites_du_Travail_1Ah tiens, ça faisait depuis Pâques que je ne l’avais pas ramené sur les jours « à la con » qui hantent notre calendrier, qu’il s’agissent de fêtes commerciales, religieuses ou des gosses (oui, je sais, le jeu de mot est pourri), rien ne nous est épargné entre la bêtise et la connerie. Tout d’abord, il faut savoir que la fête du travail, comme son nom l’indique, célèbre la fonction du travail (et notamment le droit au travail) dans notre société, et cela se fait donc en ne travaillant pas. Ce n’est pas forcément très logique, mais bon, si ce n’était pas con, je n’en parlerai pas. Fort heureusement, nous ne sommes pas les seuls (comprendre le seul pays) à avoir orchestré et accepté cette journée « obligatoirement » chômée dans notre calendrier.

Le premier mai est aussi la fête du muguet, mais c’est devenu plutôt anecdotique avec le temps (même si ça occupe les journalistes un jour chaque année), non seulement parce que tout le monde devient vendeur de muguet à la sauvette ce jour-là, s’imaginant faire fortune en dealant le précieux brin à des prix outrageusement élevés (là aussi l’euro a mis bon ordre dans l’affaire, vu qu’à une certaine époque on pouvait en trouver pour un ou deux francs le brin (nouveaux hein ?! ), et que maintenant, on essaye de vous extorquer jusqu’à 5 euros contre une misérable clochette anémique sans doute volée quelque part dans une culture pas fraîche). Ce jour est d’ailleurs le seul où le commerce illégal de cette substance (et celle-là seule) est autorisé, n’importe qui pouvant s’improviser vendeur de rue de muguet sous une belle pluie de printemps. Cela étant, la fête du travail et la fête du muguet ont juste la chance de tomber le même jour et n’ont strictement rien à voir.

Mais revenons sur cet aspect « obligatoirement » chomé du premier mai en France qui, comme ailleurs, se voit confronté de plus en plus à des tensions internationnales. Car l’obligation pour toutes les entreprises de donner congés à ses employés et de fermer boutique ce jour là chaque année se heurte, une fois de plus, à des nécessités économiques. Parce que ce jour n’est pas chomé partout dans le monde, parce que certains services de première nécessité ne peuvent pas se permettre de fermer, parce que même si c’est « obligatoire » des grosses boîtes ne peuvent pas s’empêcher de continuer à gagner du fric ce jour, il y a en France un nombre considérable de personnes qui travaillent un premier mai. Dans tous les cas, il faut montrer patte blanche, avoir une autorisation légale pour ouvrir, mais ce n’est pas toujours si difficile à obtenir, même un premier mai. Car tous le reste de l’année, les jours chomés de manquent pas, entre les fêtes religieuses (catholiques) et autres commémorations, et le nombre de commerce (principalement grande surface) ouvert ces jours là n’est pas tellement différents de ceux ouverts tout le reste de l’année. De fait, si le premier mai reste l’un des rares jours où trouver un commerce ouvert va être vraiment vraiment difficile, on n’est malheureusement loin de l’impossible.

Alors à quoi bon ? Si l’idée de respecter la notion de travail en ne travaillant pas avait du sens, on pourrait prétendre que ceux qui s’obstinent à trouver clientèle ce jour-là sont irrespectueux. Mais dans le contexte socio-économique actuel, j’ai des doutes. Avoir du travail va devenir un privilège au stade où on en est, et on se demande à qui ça profite vraiment ce genre de journées quand elles ne sont pas chômées. Enfin, on se le demande pas longtemps. Ca ne sert évidemment pas l’emploi puisqu’on fait généralement travailler les employés modèles ou ambitieux (ou les deux) pour faire tourner la boutique, donc ce n’est pas forcément le jour où on va embaucher (et puis 1 jour dans l’année, ça compte pas, même s’il est férié). C’est donc probablement au bénéfice de la société seule.

On (quand je dis « on », je parle de moi aussi, je cause un peu comme Delon) se gardera de penser que l’évocation des pertes notables, au niveau de la productivité du pays, enregistrée lors du mois de mai savamment garni de jours feriés et de possibilités de faire des ponts, gêne le moins du monde les exempts. De là à leur donner raison ou tort. En fait tant que le premier mai, le 8 mai et Paques ou l’Ascension s’en mêlent, il est à craindre que la journée du travail dans un contexte de chomage historique ne soit rien d’autre qu’un pied de nez moqueur à la France. Je n’aime pas mon pays au-delà de toute raison, et la plupart du temps, je l’aime. Mais là, non.

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Cet article a été publié le jeudi 2 mai 2013 à 19:11 et est classé dans Divers, L'Ours. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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