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Juil

La saga des icebergs préhistoriques

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

C’est amusant de constater, en regardant ce genre de film dans une salle dont la moyenne d’âge n’excède pas celui de la puberté même en y allant avec du renfort, que si beaucoup de choses prêtent à rire, les borborygmes bruyants émis par les adultes un peu mûrs sont bien plus nombreux et expressifs que ceux des gnomes qui nous entourent. Pour moi, la série l’Âge des Glaces (AdG) fait partie de ces oeuvres modernes qui se trompe de public et qui se retrouve coincé entre deux âges, sans mauvais jeux de mot.

Disons-le tout net, le seul personnage véritablement clownesque du lot, c’est l’innénarrable Scrat, l’écureil préhistorique littéralement obsedé par les glands, dont chaque apparition et facétie déclenche l’hilarité générale. Avec les potes, à la sortie de la séance, on se disait que le film serait bien plus drôle s’il n’était centré que sur ce personnage, et puis à la reflexion, cela transformerait l’oeuvre en un cartoon géant dont on se lasserait forcément. Si l’on peut, sur 4 opus de la série d’environ 1h30 chacun, raconter grand maximum une heure de l’histoire sans queue ni tête de Scrat, il n’y a pas de quoi en faire du cinéma. Et c’est là que le bât blesse. L’Âge des Glaces ne vaudrait rien sans le cartoonesque Scrat alors qu’il n’en est pas l’essence.

Scénaristiquement, l’Âge des Glaces 4 ne se démarque pas de ses prédécesseurs. Le fil rouge « d’un » AdG, c’est Scrat, mais le fil rouge « des » AdG c’est Manny le Mammouth dont l’évolution du rang de célibataire à celui de père de famille luttant contre l’adolescence de sa fille nous promet sûrement encore quelques déboires, peut-être pour un Manny grand-père ? Quoique l’on pourrait maintenant dériver sur les évolutions familiales de Diego le tigre à dent de sabre qui va rencontrer l’âme soeur dans cet opus, une relation qui pourrait s’avérer bien plus conflictuelle que celle de Manny et de son épouse. Bref, on peut ergoter longtemps sur le prétexte de chaque nouvel épisode, attendu que ce n’est pas ça qui importe mais la narration de l’histoire et surtout les gags qui vont la pimenter.

Une sacrée panoplie de personnages cette fois-ci

A ce titre, chaque AdG se prétendant à chaque fois le dernier de la série et ne brillant pas par l’intérêt du scénario, il faut sacrément se renouveler pour trouver des trucs drôles à mettre en image. Je ne vais pas cracher dans la soupe, j’ai ri. Donc j’ai été suffisamment surpris et amusé par le contenu humoristique du film pour le trouver distrayant ce qui est tout ce que je tirerai de cette expérience cinématographique qui n’a, somme toute, aucune autre prétention.

Je ne peux pas parler d’un film que j’ai eu le malheur de regarder en 3D sans faire mon sempiternel discours sur l’intérêt de ce format bien mal exploité par les réalisateurs. Mais j’ai une anecdote amusante à signaler. Avec cette projection j’ai eu l’occasion de voir que la production de films d’animation est bien plus énorme que ce que les bandes-annonces habituellement montrée ne peuvent me laisser penser. Ainsi donc, pour illuminer de paillette les yeux de nos chères têtes blondes, notre ciné-cité de quartier a-t-il abreuvé nos mirettes de pas moins de 5 bandes-annonces de films d’animation, toutes en 3D ! Enfin, bon, vous savez, cette 3D qui permet à certains animaux qui ne voient pas naturellement en 3D de visionner celles-ci dans un film si on pouvait leur faire porter des lunettes, sans parler des quelques humains, ni borgnes ni aveugles, souffrant d’un défaut de vue des profondeurs dont je ne me moquerais pas céans et qui méritent, eux, de les voir un peu de temps en temps, ce que des yeux parfaitement normaux n’ont aucun mal à réaliser, sans pseudo-3D et sans lunettes. Et là, Ô miracle ! Parmi ce florilège de trucs abêtissants pour gamin aisé (ben oui, le cinoche, c’est pas donné à tout le monde quand il faut payer la place de 2 ou 3 mômes en plus de la sienne, avec le surcoût « 3D », ça fait une sacrée ardoise), j’ai vu du vrai de vrai relief 3D de la mort, un truc qui sortait de l’écran à tel point que j’étais placé trop proche pour faire le point avec mes propres yeux (oui, j’étais dans les premiers rangs de cette salle bondée de gnomes…). Et ce miracle s’appelle Sammy 2… Bon, disons-le tout net, ça ne m’intéresse pas du tout. D’ailleurs, je ne connaissais même pas Sammy 1. C’est une histoire de tortues de mer sans grand intérêt pour l’ours que je suis, mais bon sang, quelles images ! C’est moche d’en arriver là, mais si vous voulez bouffer de la bonne 3D le mois prochain, c’est ce truc qu’il faut aller voir, et un conseil, placez-vous loin de l’écran si vous ne voulez pas choper un gros mal de crâne.

L'inséparable trio, doté cette fois d'un quatrième membre inattendu et son compagnon imaginaire (qui ne sont pas sur la photo pour pas spoiler)

Inutile de vous dire qu’après ça, voir d’AdG4 « en 3D » est une farce monumentale et le réalisateur devait croire que faire des gros plans serrés sur les têtes de ses protagonistes avait la vertu d’enrichir sa 3D, car le film est rempli de ces plans à la noix parfaitement stupide. Rien à faire, pas un ne crève l’écran ni ne vient vous donner la sensation de vous lêcher le visage ou de vous souffler son haleine dans le pif. C’est désespérant.

Aller, après tout je ne fais que regretter là d’avoir payer ce week-end deux séances 3D (avec l’Amazing acrobate octopode pas en 3D) alors que deux « normales » auraient largement suffit. L’intérêt distractif de l’AdG : la dérive des continents, fort doctement et scientifiquement expliquée dans le film par le professeur Scrat, est l’occasion de voir un étrange et amusant film de pirates à la sauce animalière préhistorique. Ca valait le détour. Peut-être pas une salle de ciné en fin de compte, mais bon, c’est aussi une occasion de sortie entre pôtes, il faut bien trouver des excuses pour quitter sa caverne de temps en temps.

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Cet article a été publié le mercredi 11 juillet 2012 à 18:02 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

Un commentaire

Roxane
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Moi qui n’ai jamais été très dessins animés ou films d’animation, l’Âge de Glace est quelque chose que j’ai plaisir à voir car je sais que je vais me marrer. Y’a pas photos, Scrat est la vedette masqué de cette série de films. Le passage dans les profondeurs marines m’a fait avoir mal aux ventres et il est clair qu’au delà des scénarios franchement pourris et de certains personnages dont on se passerait bien, c’est plus un film pour les adultes.

23 juillet 2012 à 23:48

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