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Oct

Insaisissables

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

Cet os est le numéro 2 sur 22 du cadavre Par la lucarne

insaisissables_1Insaisissables fait partie de ces films à chute (ou twist) qui remettent en question ce que le spectateur regarde vers la fin du film. Un jeu de dupe entendu entre « auteur » et « lecteur » dont le but avoué est de pouvoir dire à ce dernier « je t’ai bien eu ». Quoi de plus naturel concernant un film dont le sujet traite de la prestidigitation ? En tout cas, même si elle cultive le faux-semblant à longueur de temps, cette œuvre cinématographique a le mérite de sortir un peu du lot. C’est en quelque sorte une version moderne de ce que « l’illusionniste » ou « le prestige » nous ont servi en leur temps. Le monde de la magie, mais une magie moderne et surtout plus osée que jamais.

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Les 4 Cavaliers, 4 prestidigitateurs sur scène pour un spectacle haut en couleurs

Insaisissables brille sur plusieurs tableaux : un scénario intelligent, une distribution colossale, une mise en scène époustouflante et des effets spéciaux spectaculaires. On pourra également y lire un message à la « Robin des Bois », et le quatuor de magiciens qui trompe son monde à longueur de temps, a accepté une sorte de marché qui les fait passer pour de purs brigands qu’on ne peut pas s’empêcher d’aimer. On notera, à la réalisation, la présence d’un français bien de chez nous, Louis Leterrier, qui nous a déjà asséné quelques « bonnes » productions comme Le Choc des Titans, l’Incroyable Hulk (celui avec Edward Norton), le Transporteur 1 et 2, voire même, Danny the Dog, et dépositaire d’un très bon CV.

Je vais éviter de spoiler ce film, car il y a, tant dans sa construction que dans sa conclusion, beaucoup de choses à découvrir, et vu que j’ai pas mal apprécié, je ne souhaite pas priver ceux qui ne l’auraient pas vu de ce plaisir. Je vais par contre passer en revue ce qui en fait, à mon sens, une rare bonne production de l’été. Tout d’abord, ce film est un monumental tour de magie. Il est donc tourné avec le rythme qui sied à ce qui fait, sur scène, la qualité d’un bon spectacle. Les rares moments de calme sont là pour poser les personnages, et le reste est une enchaînement qui ressemble à ce que ferait un prestidigitateur sur la scène de son music-hall. Je trouve que ça contribue à satisfaire un spectateur qui ne risque pas de s’ennuyer.

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L’agent du FBI Dylan Rhodes (Mark Ruffalo) et l’agent d’Interpol Alma Dray (Mélanie Laurent) bien en peine de rattraper les fugitifs définitivement trop forts pour eux.

Il est aussi rare de voir Morgan Freeman ou Michael Caine, les « ainés », dans des rôles secondaires aussi faire-valoir pour les personnages principaux. C’est un plus, car ça renforce l’aura de magnificence de ces robins des bois des temps modernes. Le quatuor, pompeusement nommé « les 4 Cavaliers », est constitué de personnages issus du monde de l’illusion ayant chacun leurs particularités. Ça nous renvoie à des sortes de super-héros, chacun ayant des dons exceptionnels dans leurs registres. Même si c’est un poil exagéré, et si la mise en scène de l’illusion profite des avantages de la tricherie hollywoodienne pour accentuer l’aspect paranormal des tours, les capacités de ces personnages ne sont pas totalement surréalistes (ni même paranormale, convenons-en). A noter qu’ils sont campés par des acteurs peu connus et qu’il sont habilement joués, même si, dans le fond, on sait qu’un magicien surjoue son propre rôle sur scène et que le côté grandiloquent des 4 Cavaliers les dispense de faire attention à la vraie nature de leurs personnages. En terme de distribution, j’ai apprécié que le rôle des personnages français soit tenu par des acteurs français (José Garcia dans un petit rôle au début et Mélanie Laurent dans un rôle principal donnant la réplique à Mark Ruffalo).

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Morgan Freeman s’amuse ici à démonter les trucs des magiciens. Difficile de le trouver sympathique dans le contexte.

Je suis de parti pris quand j’évoque l’intérêt que suscite ce film, étant donné que j’adore la magie et apprécie y chercher de quelle façon le magicien nous dupe. Maintenant, le problème principal de ce film est qu’il est rempli de ficelles classiques et qu’il est donc difficile de surprendre sur toutes la ligne le spectateur averti et coutumier du genre. C’est le défaut principal du cinéma qui n’arrive pas à renouveler sa manière de créer le suspens. Peut-on lui en vouloir ? A-t-on réellement tout fait ces 15 dernières années dans le domaine pour qu’il ne soit plus possible de rien inventer ? Assurément, le spectateur naïf y trouvera son compte, tandis que le vieux briscard dans mon genre est obligé de se laisser séduire… ou pas.

Dans l’absolu, Insaisissables dispose de qualités qui font les bons films. Mais parce que ces qualités sont attendues, et parce ce qui les compose est désespérément classique, il manque finalement d’originalité. Mais ce n’est pas parce que l’approche, le contenu et le traitement n’est pas original que le récit ou la manière de le raconter ne vaut rien. Et, c’est important de le souligner, sur ce terrain-là, ce film se défend. Je le place donc dans les bonnes productions de cette année, une catégorie qui ne lui est pas franchement disputée tant elle est maigre en 2013.

Et vous ? Avez-vous été étonné par ce tour ?

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Cet article a été publié le jeudi 10 octobre 2013 à 18:00 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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