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Juil

JO l’embrouille

   Ecrit par : Wiz   in Divers, L'Ours

En ce jour je veux faire écho à Alias et à quelques flux de la blogosphère qui fusent à propos des exigences du CIO et des quelques pouvoirs étatiques accordés par ces mêmes exigences à des multi-nationales dans le cadre des JO. Au travers de cet article déjà largement diffusé sur les réseaux sociaux, et ce même si son approche semble un peu « geek », je vais appuyer ma volonté de faire entendre ma voix, si ténue soit-elle. Si ce n’est aujourd’hui quelle porte, au moins résonnera-t-elle peut-être assez dans les circonvolutions numériques pour en devenir le cri.

En effet, comme je le disais dans un précédent article, l’empire de la peur domine en grande partie le monde. Mais il y en a qui, au contraire, n’ont absolument peur de rien. Parce que pour aberrant qu’il soit, cet usage de la popriété intellectuel n’est ni plus ni moins qu’un abus, la revendication aveugle et glaciale d’un droit, imaginée ici dans le seul but de gagner plus d’oseille que jamais et sans en perdre une miette. Je ne suis pas un inconditionnel du sport télévisé, autant par le fait que je n’ai pas la télévision (et pour ceux qui connaissent mon intérieur, je précise que je n’ai pas de cable d’antenne, de TNT ou d’abonnement à des quelconques chaînes numériques cablées ou autre), que par le fait que le sport lui-même n’est malheureusement plus la vedette de ce genre d’évènements, mais juste le prétexte.

C’est le prétexte à la recrudescence publicitaire des revendeurs de téléviseurs qui deux ou trois mois avant l’évènement « que tout le monde va regarder » vont accroître leur force de vente et écouler des écrans en veux-tu en voilà au travers de promo-choc tout à fait semblable au prix qu’on peut en obtenir tout le reste de l’année. Mais tout le reste de l’année, il n’y a rien à regarder à la télévision, c’est bien connu, alors que là, c’est exceptionnel, c’est tous les 4 ans, comme les années bissextiles, et il faut marquer le coup vu qu’il y a un jour en plus dans l’année ! C’est même à ce point crétin que presque tous les évènements sportifs sont prextextes à ce genre de pratique, et si cette années ils ont vendu des télés spéciales JO, il y a deux ans ce furent des télés spéciales Mondial. Eh oui, vous ne pouvez sûrement pas vous permettre de regarder les JO sur votre télé spéciale Mondial de 2010, voyons, monsieur, ça ne ferait pas le même effet !

C’est le prétexte au marketing outrancier qui pollue jusqu’au moindre ustensile, jusqu’au moindre centimètre carré de bannières, d’affiches, de flyers et d’images, de sa grasse et inopportune présence. C’est à cette période ou aucune image télévisuelle ne pourra s’afficher sans comporter à un endroit ou à un autre un bout de logo intrusif et pernicieux. A croire que ces précieux évènements déjà largement centenaires pour certains ne peuvent absolument pas exister sans l’apport d’une précieuse boisson caféïnée, ou de quelques kilo-calories au diététisme douteux présentés sous une forme arrondie épaissie de quelques mystérieux ingrédients d’origines peu contrôlées. Passe encore pour certaines marques sportives dont on peut parfois encore habiller les athlètes sans paraître trop ridicule, mais a-t-on déjà vu un Usain Bolt déposer les restes de son Happy Meal à côté de son starting-block juste avant le départ ?

C’est le prétexte à la réponse graduée des pays d’accueil face à la menace impérieuse représentée par les foules en colère. Car le nom de « manifestation » s’accomode finalement assez peu de l’adjectif « sportif ». Il est évident qu’il est plus à craindre que les touristes de tout pays se soient ruinés en frais de déplacements pour venir manifester bien autre chose que des encouragement et leur joie, et qu’il faut les contenir à raison d’un policier par spectateur et quelques missiles tactiques pour empêcher toute agression aérienne de la part d’un boeing civil détourné depuis le tarmac de l’aéroport local pour on ne sait quelle raison.

Prétexte que tout ça, et bien peu de raison pour le justifier. Car l’escalade de la démesure n’est pas explicable. Je ne veux même pas chercher la raison de cette folie, car elle n’a de sens que dans des termes qui me font froid dans le dos rien que d’y penser, des choses qui semblent tellement plus importantes que la simple notion de sport et telles que le concept lui-même ne se reconnaît même plus dans cette fête absurde à laquelle il a donné naissance. De toute façon, qu’est-ce que j’en ai à faire, moi qui ne suit pas sportif ? Hein ? Qu’est-ce que j’en ai à faire que « vous » sabotiez les valeurs humaines à l’aune de la connerie sans limite dont votre soi-disant fortune boursoufle les parties ? Qu’est-ce que j’en ai à faire que « vous » gâchiez, au motif d’un profit aussi discutable que virtuel, la beauté de l’effort de ceux qui se dépassent pour être ce que vous ne serrez jamais ? Ah… Ben si, je dois en avoir à faire si j’en parle ainsi.

Tiens, si j’étais pas si odieusement dépendant du système pour assurer mon train de vie actuel, qui, j’ai honte de le dire, me convient en grande partie, j’irai bien faire de l’activisme écologique pour me détendre… Pas que la cause ait fait moins d’émule en matière de profit démagogique, mais c’est bien la seule dont on devrait véritablement se préoccuper, nous qui avons la responsabilité du monde que nous laisserons aux générations futures. Aïe aïe aïe, comme dirait un collègue de bureau, j’ai encore dit une bêtise.

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Cet article a été publié le lundi 30 juillet 2012 à 20:36 et est classé dans Divers, L'Ours. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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