20
Juil

JCVD

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

Sobriété forcée, ce titre est éloquent à lui seul. Depuis le temps que j’en entendais parler, entre les interviews, les critiques, et autres réactions sur le sujet, j’ai finalement craqué. Je suis loin d’être un inconditionnel de Jean-Claude Van Damme (Van Varenberg de son vrai nom), aussi c’est par pure curiosité que je me suis penché sur le sujet. Pour moi JCVD, c’était un type fortiche en karaté qui avait percé dans le film d’action et s’était ouvert une voie vers Hollywood avant de devenir une icône de la défonce publique, aux discours sous acide mémorable et à la crédibilité proche de zéro. En son temps, je crois même qu’il y a eu une petite dérive sur les Jeanclôderies, comme il y a pu avoir mille et une façons de se moquer de Chuck Norris. Non clairement, je n’ai jamais eu une bonne image de Jean-Claude Van Damme et c’est précisément pour ça que JCVD, le film (qui est sorti en 2008), m’attirait en proportion inverse.

Une location et un visionnage plus tard, je suis sur le cul. Enfin, raisonnablement sur le cul. JCVD n’est pas un chef-d’œuvre, mais c’est un film qui a quelque chose à dire. Et l’homme n’est pas un Molière, mais il sait jouer, il sait parler et il sait montrer. Bref, c’est un acteur, un vrai, je l’admets. Il a du talent qui dépasse ses seules capacités sportives, et j’ai désormais une toute autre image du bonhomme.

JCVD, le film, est une fiction. Toutefois, c’est une fiction qui s’appuie sur la biographie de JCVD, le mec. Jusqu’à quel point JCVD, le gars, joue-t-il son propre rôle dans JCVD, l’œuvre ? Là est la question, une question sur laquelle le film propose à chacun de se faire sa propre opinion. Assurément, je ne sais pas répondre à ce stade. Pourquoi ? Parce que finalement, je ne connais JCVD, le bonhomme, que par l’intermédiaire de ce film, donc je n’ai pas de contrepartie, pas de points de repère. Et c’est là toute la difficulté de la chose, finalement, c’est un film qui retranscrit une image de ce qu’est JCVD, l’acteur, sans nous donner le moyen de savoir si c’est vraiment lui ou non et seuls ceux qui le connaissent sont vraiment en mesure de faire la différence.

Il se passe des choses étranges dans cette banque postale

Du peu que j’en sais, le fond de l’histoire est vrai. JCVD a eu ses heures de gloires et maintenant, c’est un acteur raté condamné à jouer dans des films d’action médiocre pour subsister. Personne ne souhaite lui donner sa chance dans un rôle de composition, la seule chose qui lui va bien, ce sont les biscottos. J’imagine qu’après avoir plongé un certain temps dans l’abus de drogue diverses et variées, dilapidé ses ressources, le divorce d’avec sa femme le condamne à ne plus voir sa fille du tout. Les quelques flashbacks de JCVD sur cet aspect de son existence sont bien amenés, bien tournés et très éloquents.

C’est ainsi qu’on retrouve notre Jeanclod pas national (je vous rappelle qu’il est belge) dans la ville qui l’a vu naître, quelque part non loin de Brussels. Il rentre dans une banque postale, et là… Non, ça ne serait pas sympa de ma part de raconter ce qui se passe. C’est là le deuxième effet kiss-cool du film : c’est super-bien raconté. Et si l’on lit différent synopsis à droite à gauche, cela gâche 50% de la surprise du film. A mon sens, il faut aller le voir sans en savoir plus que ça et goûter au plaisir de la découverte de cette mise en scène et de cette narration peu commune. Tiens je vais faire référence à mon précédent article de cette semaine sur Piégée, film avec lequel je trouve des points communs sur la façon de raconter l’histoire, sauf que dans Piégée, c’est imbitable.

Un Zinédine Soualem méconnaissable

Le jeu des acteurs, la façon de filmer (beaucoup de caméra à l’épaule), la colorisation très particulière du film (couleur appauvries qui donne un aspect entre le noir et blanc et la couleur passée), les décors très simple, et le scénario donne à cette tranche de vie de JCVD un look très réaliste, mis à part le plan séquence du début (pas mal du tout d’ailleurs) qui nous introduit l’acteur dans ses œuvres habituelles et un retour brutal à la réalité. La dernière image du film est aussi très poignante. Bref, ce JCVD est une très bonne surprise, précisément parce que ce n’est pas un JCVD, vous me suivez ? Oh et puis, essayer de le regarder, vous comprendrez. Même si ce n’est pas le genre de film que vous regarderiez, même si vous n’aimez pas le bonhomme, même si vous trouvez que ça ressemble à une vaste campagne publicitaire destinée à remettre l’acteur belge sur les rails sans nécessairement faire le grand écart (si vous connaissez la photo, vous comprendrez le jeu de mot 😉 ), je suis sûr que vous vous rendrez compte de vos propres préjugés.

Au final, je ne sais pas faire la différence entre la réalité et la fiction dans JCVD, et je crois que c’est là le véritable challenge de ce petit et surprenant bijou.

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Cet article a été publié le vendredi 20 juillet 2012 à 10:01 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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