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Juin

Fête pas chier !

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma, L'Ours

Mauvais jeu de mot pour un mauvais titre pour dire de mauvaises choses, bref, un vrai billet d’ours. Je suis un ours cinéphile, mais je n’aime pas tout et n’importe quoi dans le cinéma. Je choisis mes films par genre et thème et non par réalisateurs, producteurs et/ou acteurs, même si ces critères peuvent se mêler subtilement à mon critère principal, il n’est déterminant qu’à partir du moment où j’ai à faire un choix entre plusieurs œuvres cinématographiques à un moment donné. Pourquoi je vous raconte ça ? Ne serait-ce pas parce que les médias vous spamme l’œil en ce moment à propos de cette grandissime période généreusement imaginée par un ministère de la culture qui a manqué plusieurs marches depuis quelques années : je veux parler de la fête du cinéma. Ça y est ? Vous comprenez mieux le titre à présent ?

Soyons clair. Ce n’est pas parce qu’il a été décidé, quelques part dans un passé proche (1985 si je ne m’abuse) et dans un salon rempli de rond de cuir, que ce serait une sacrée bonne idée d’attirer du monde dans des salles obscures lentement abandonnées en proposant sur une journée (une seule à l’époque), au prix d’une unique séance un accès « illimité » à toutes les autres, que cela continue à être, 27 ans après, une bonne idée. Et moi je le dis, c’est une idée à chier. Je m’explique :

La production cinématographique mondiale est une industrie très prolifique mais très mal répartie. Il faut quand même admettre que 80% de ce qu’on nous propose dans les salles de cinéma « grand public », donc dans le fast-food du 7ième art accessible à tous, est produit à l’étranger et qu’à l’étranger, outre le fait que selon le pays où l’on va, ils ne parlent pas le même « étranger », ils n’ont pas non plus de cette période festive dont il est question ici, donc, ils se foutent pas mal de savoir qu’en France, le dernier week-end de juin chaque année, les salles obscures vont pour ainsi dire quadrupler leur fréquentation. A quoi ça leur servirait de le savoir ou de s’en préoccuper ? La rentabilité d’une œuvre est acquise dès la vente des droits de diffusion de l’œuvre dans les différents pays où elle s’exporte, la fête du cinéma ne profite absolument pas aux maisons de production mais uniquement aux exploitants de salle.

Ca j’espère que ce n’est une révélation pour personne, parce que ce n’est que l’introduction de la démonstration. Ce que je veux dire ci-avant, c’est qu’il n’y a aucune amélioration notable ni concertation ni calcul dans la qualité et le nombre des œuvres cinématographiques qui sortent à cette période de l’année, de fait, le programme proposé à ce moment n’est pas meilleur que le reste de l’année (et même moins bon car dans la grande distribution cinématographique, on a tendance à viser certaines périodes bien plus faste en clientèle et ce partout dans le monde). Il n’y a statistiquement pas plus de bons films à voir. Donc, j’aimerai que l’on soit honnête sur le fait que lorsqu’on décide sciemment d’aller au cinéma lors de la fête du cinéma avec l’intention d’en profiter, on est absolument convaincu d’avoir fait une bonne affaire en achetant plein pot sa première place, et une misère toutes les suivantes (oui parce qu’avant c’était gratuit, mais maintenant, il faut payer quand même pour les suivantes, et de plus en plus cher chaque année).

A partir de là, je me gausse grassement. Parce qu’ils sont peu nombreux les acharnés qui vont profiter de ces trois jours pour voir véritablement « autant de film qu’ils peuvent », et quand bien même, sachant que la production cinématographique du moment est aussi quelconque qu’ailleurs, comment peuvent-ils apprécier de la même façon la projection quand :

  • Il faut faire la queue, parfois longtemps et à l’extérieur du cinéma pour, un, acheter sa place, deux, entrer dans la salle et ce à chaque séance.
  • Il faut se battre pour les meilleures places sachant que nos voisins de chambrée sont massivement moins des habitués des salles obscures ou massivement plus des connards qui ne savent pas se tenir pendant une projection.
  • Les salles ainsi fréquentées sont remplis de détritus divers et variés (quand un imbécile n’a pas carrément déversé son paquet géant de pop-corn ou son coca dans sa rangée) que le personnel à bien du mal à nettoyer entre deux fournées et je vous parle pas de l’odeur dans les salles mal ventilées.
  • On écourte les séances au strict minimum, voire même, on adapte les horaires pour effectuer plus de projections et attirer plus de chaland.
  • Plusieurs projections à suivre abrutissent n’importe qui de normalement constitué.

Si l’acharné ne renonce pas à son droit discutable d’aller mâter plus que de raison de la merde cinématographique à pas cher et dans des conditions déplorables, il aura de toute façon fait le bonheur de l’exploitant de salle, qui certes, va devoir gérer pendant 3-4 jours une véritable horde de zombis abêtis, mais va littéralement exploser sa recette du mois de juin. Et tout ça pour quoi ? Ah oui, pour promouvoir la culture, puisqu’à la base la décision d’organiser cette débilité ultra-commerciale vient du ministère de la culture. Ca me fait un peu penser à la période des soldes dans le prêt-à-porter, ou en tout cas, je ne vois pas la différence 😉

Bon, à la réflexion, j’en aurai probablement autant à dire sur des tonnes d’actions commerciales lâchement autorisées par un ministère quelconque tout au long de ces trente dernières années, mais moi qui aime aller au cinéma pépère avec mes manières d’ours, je ne peux tout simplement pas supporter de voir la sortie des films qui m’intéressent à cette période. Heureusement que ça ne dure que 4 jours cette connerie.

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Cet article a été publié le samedi 23 juin 2012 à 09:07 et est classé dans Cinéma, L'Ours. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

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