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Août

Lone Ranger, Naissance d’un héros

   Ecrit par : Wiz   in Cinéma

lone_ranger_1Je dois reconnaître que certains films ont depuis quelques temps une certaines capacités à me surprendre. Je n’attendais rien de cette adaptation estampillée Disney qu’est Lone Ranger et j’ai trouvé quelque chose d’intéressant et d’inespéré. Intéressant parce que cette œuvre flirte habilement avec ses propres défauts. Inespéré car ce fut sans conteste un bon divertissement. Mais parlons-en plus en détail… Attention, je spoile !

Au départ, Lone Ranger est un personnage de fiction issue d’un feuilleton radiophonique dans les années 30, puis adapté à la télévision dans une série télévisée autour des années 50. Adapté également en comics et en téléfilm, ce personnage est marquant dans la pop culture américaine et est très peu connu dans l’hexagone. Si peu connu que ces doctes informations ne viennent pas de ma caboche mais de Wikipédia. Oh j’avais bien eu dans ma jeunesse, dans un lot de comics au rabais, une version traduite du Lone Ranger en BD, mais je n’en avais pas gardé un souvenir impérissable. D’ailleurs, jusqu’à ce qu’ils en proposent une adaptation au cinéma, je pensais qu’il n’y avait qu’un comics et que le Lone Ranger n’était pas si vieux. Comme quoi…

The Lone Ranger

Le rôle titre (Armie Hammer) et la tête d’affiche… Cherchez l’erreur

A part le mérite de faire resurgir du passé de la pop culture outre-atlantique ce héros un peu défraîchi, Lone Ranger, Naissance d’un héros, nous propose une version un peu plus moderne et pêchue du western spaghetti, et, pour ce que j’ai pu en voir, une version plus que satisfaisante. La grande force du scénario de cette adaptation est son récit à deux niveaux. Puisque le récit principal nous place en présence d’un jeune garçon qui va écouter un vieil indien raconter son histoire. Par ce procédé astucieux, nous plongeons dans une suite de péripétie ayant un caractère quelque peu fantasque, car, le vieil indien peut somme toute raconter ce qu’il veut. Qu’il invente ou omette volontairement des pans entiers de son histoire n’a d’importance que pour le jeune garçon qui l’écoute, qui se fera l’avocat du diable à chaque fois qu’une incohérence se glissera dans le récit, jouant en cela le rôle habituellement dévolu au spectateur du film.

Bien que je trouve ce procédé astucieux, je reste dans l’expectative quant au message qu’il véhicule (si toutefois il en véhicule un). Car en désamorçant de la sorte toutes les faiblesses du scénario raconté par l’indien, je me demande si on ne prend pas les spectateurs pour des cons. A cela, je serai tenté de répondre non. On peut d’ailleurs interpréter dans l’autre sens cette astuce en considérant que face aux questions pertinentes de son auditoire, le vieil indien n’apporte finalement que peu ou pas de réponse, tant il est juste qu’il triche pour embellir son histoire malgré les anomalies scénaristiques grossières. Là où cette critique se reporte admirablement sur le cinéma de la décennie c’est que les cordes, et non pas les ficelles, qui construisent un scénario de film hollywoodien standard sont finalement les mêmes dans Lone Ranger, Naissance d’un héros que dans ses contemporains, mais dans Lone Ranger, ça passe, car le fil principal de l’histoire les met en avant et s’en moque.

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Un bon western spaguetti ne serait rien sans une vraie bouille de pourri à l’écran… La voici. Très réussi je trouve.

Le dialogue entre l’indien et le petit garçon ne représente d’ailleurs pas une durée très longue dans le film. Ce dernier s’évertue au contraire à mettre en image tout le récit de l’indien. Et là, on entre de plain-pied dans un pur divertissement composé juste ce qu’il faut de grands espaces, de tragédie, de romance, d’humour et d’action. En outre, même si les rouages de l’intrigue apparaissent un peu trop nettement passée la moitié du film, ce qui ne laisse que peu de doute sur la manière dont ça va se terminer, je la trouve malgré tout assez creusée et d’un niveau de qualité honorable. Au niveau scène d’action on donne dans le rocambolesque sans sombrer dans le burlesque, mais le ton est donné. Et pour tout dire, j’ai même carrément et violemment éclaté de rire tellement j’ai été pris par surprise par un élément de scène d’action. Sans en rire jusqu’aux larmes, j’ai quand même globalement souris durant ce spectacle, donc, un film qui pour moi atteint sa cible.

Maintenant, passons au négatif. Ce qui reste à mes yeux anecdotiques mais suffisamment récurrent dans le marketing outrancier dont Hollywood se pare à chaque super-production, c’est la notion de tête d’affiche. Tonto, l’indien joué par Johnny Depp n’est pas le personnage titre du film, mais c’est avec son nom que le film est vendu. Tout comme la mention d’une Helena Bonham Carter à la distribution pour même pas 5 minutes à l’écran est un peu se moquer de la gueule du monde, la mise en valeur d’un acteur bankable comme Johnny Depp semble être devenue la seule solution pour attirer le chaland dans les salles. Je tiens à dire, et ce même si je ne suis pas lu par les intéressés, que cette pratique est devenue un défaut. Le cinéma a fait le constat depuis une décennie (voire 2) que le nom d’une star est le gage d’un film à succès, mais il suffit de voir la vacuité d’un Die Hard 5 pour comprendre que ce n’est pas le cas. Du moins, il ne faut pas déformer l’idée, peut-être bien qu’un film avec une belle tête d’affiche rapporte son lot de dollars, mais ce n’est pas pour cela qu’il est bon. Et c’est triste, mais ce n’est pas l’opinion public sur un film qui est considérée dans l’évaluation de son succès. De toute façon, c’est simple, le box-office américain mesure le chiffre d’affaire et non le nombre d’entrées… On voit tout de suite ce qui importe le plus.

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Bon, mon article ne parle pas trop du cheval, mais c’est un personnage à part entière, je vous assure !

En dehors de ça, je trouve que l’interprétation de Tonto par Johnny Dep est un peu trop proche d’un Jack Sparrow. Sans doute que le personnage été écrit comme ça, et que Johnny Depp le joue à la perfection, mais dans ce cas, la question est davantage pourquoi on lui écrit ce genre de rôle ? Au bout du compte, il n’est pas drôle car prévisible. Pour autant que je me souvienne dans les comics, Tonto est effectivement dans ce registre un personnage laconique et sobre, stoïque en toute circonstance, bref, un sorte de caricature de l’indien sage. Mais rien à faire… Dans les premières minutes du film, lors d’une courte scène d’action, on voit Jack Sparrow. C’est dommage d’enfermer cet acteur dans cette catégorie mimique et burlesque alors qu’il a le talent pour faire bien autre chose.

Mais passé ces détails, Lone Ranger, Naissance d’un héros est un film dont je n’ai pas regretté le prix, un des rares depuis deux ans. Ah oui, j’ajoute que la 3D n’a aucun intérêt… comme d’habitude. Non, je ne l’ai pas vu en 3D, mais je ne suis pas dupe. Ce que j’ai vu se passe largement du moindre effet 3D. On aurait peut-être un peu plus profité des grands espaces, mais pas du relief de toute façon. Et un mot pour saluer la performance d’acteur (mais je doute qu’elle ait été tournée avec Johnny Depp) du plan séquence final, le plan le plus chiant que j’ai jamais vu de ma vie, mais qui a dut faire chier l’acteur plus que moi.

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Cet article a été publié le vendredi 23 août 2013 à 18:00 et est classé dans Cinéma. Vous pouvez suivre les commentaires sur cet article en vous abonnant au flux RSS 2.0 des commentaires. Vous pouvez faire un commentaire, ou un trackback depuis votre propre site.

Un commentaire

 1 

Bon, et bien ce Pirates des Caraïbes 5 se passera de moi. Nul doute d’ailleurs qu’il n’en souffre pas plus que ça, vu que le film a l’air de sombrer lentement mais surement.

24 août 2013 à 10:15

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